September 27, 2019

Année 2012 - Le site, l'inventaire et les anecdotes

Présentation du site d'inventaire

Pendant 14 ans, j'ai vécu dans une petite maison-chalet à Saint-Fulgence. Bordant la rivière Saguenay, ce village est situé à environ 12 km à l'est de Chicoutimi (Saguenay). L'endroit est extraordinaire par son paysage marin. La maison, où les inventaires ont eu lieu, est située à flanc de montagne avec une vue magnifique sur l'entrée du fjord du Saguenay. Cependant, au bout de ces quatorze ans, les arbres ont beaucoup poussés et bloquent maintenant le paysage bucolique.

Une forêt d'essence mixte entoure les lieux. Au tableau des habitats, nous ajoutons des crans rocheux et un milieu marin. La résidence est située à la jonction de la rivière Saguenay et du fjord du Saguenay. L'eau douce provenant des rivières se mélange à l'eau salée provenant du fleuve Saint-Laurent. C'est là que j'ai fait plusieurs inventaires d'oiseaux, jour et nuit, sur la galerie. Ce n'est qu'à partir de juin 2011 que j'ai commencé à recenser les papillons de nuit.

L'inventaire de papillons 2012

Une vie de moine cloîtré. C'est ce que j'ai vécu en 2012. Ma consécration fut l'inventaire de papillons lors de l'année 2012. Ma foi tournait autour de l'espérance que plein de papillons trouverait mon drap chaque sortie. La solitude fut totale. Le soir et la nuit, ma vie consistait à faire quelques pas entre la maison et la cour arrière. Ne vous méprenez pas. J'étais heureuse! Le jour, j'étais à l'affût de papillons diurnes. La nuit, je recensais tout ce que j'observais.

Aussi longtemps que la météo me le permettait, j'étais au drap. Chaque jour. Chaque nuit. Pendant sept mois. Du 9 avril au 4 novembre, j'étais présente à mon saint drap. Je n'avais pas d'autre vie que celle-là car j'étais comblée. Je prenais au sérieux ce dévouement et cette rigueur de tout recenser. Puis j'ai tout photographié. TOUT. Vous allez sans doute sursauter en apprenant que j'ai pris 24 000 photos durant cette seule saison. Des photos terrain, non-professionnelles, de moyenne qualité avec un bridge, pour documenter les espèces, macros et micros. Certains soirs, je pouvais prendre de 800 à 1000 photos! J'ai fait un inventaire complet en 2012 et je n'ai jamais flanché dans ma motivation. Imaginez un moment la richesse d'informations que j'ai ramassé. Le tout est sur une page Excel, avec des nombres pour chaque espèce à chaque date d'observation.

Au cours de l'année, j'apprenais à identifier les espèces de papillons et tentais de retenir leur nom en latin. Ouf! Tout un exercice de mémoire. Le jour, je récitais à voix haute les chapelets de noms en latin dans le but de mieux les mémoriser. Mon mentor Louis Handfield a été d'une patience d'ange. Lorsque j'étais bloquée, je le sollicitais. Il a tenu bon et m'a grandement aidé quant à l'identification. De plus, en recensant les macro-papillons chaque soir, j'ai fracassé beaucoup de dates d'observation pour la région 3 (la ceinture boréale, d'ouest en est de la province) provenant de son livre : Les papillons du Québec. Il a énormément apprécié toutes les nouvelles dates que je lui apportaient. Parfois, c'était des nouvelles espèces aussi, toujours pour la région 3. Il m'a dit un jour que j'étais en train de ré-écrire son livre. Avec cette belle collaboration, on s'écrivait chaque semaine. C'était parfois un feu roulant. J'ai appris vite. Mais il me reste encore beaucoup à apprendre.

Des anecdotes

Un fait coquasse que voici. Pendant l'été 2012, Germain, mon partenaire de vie, se levait lui à l'aube pour inventorier les oiseaux. Il participait à l'Atlas des oiseaux nicheurs qui était en cours. Moi, qui recensais les papillons de nuits dans la cour pour faire mon propre petit Atlas de papillons, je me couchais souvent à l'aube. C'était bonjour chérie, bonne nuit chéri. Deux horaires aux antipodes... Deux Atlas. On s'est toujours amusé à dire que notre demeure était un Centre de recherches!

Autre anecdote. Au cours de l'été, lorsqu'il y avait moindrement un peu de chaleur, la faune humaine nocturne s'excitait. Pendant que j'étais au drap, je devais endurer des décibels de musique (Pink Floyd, country, musique populaire, etc.) qui provenaient de particuliers dans le village qui mettaient leurs amplificateurs au bout. Tout le village et les alentours baignaient dans l'absurdité du bruit. Et maudit soit les animateurs de karaokés. Ceux-ci criaient dans leur micro et motivaient la foule, les gens étant déjà en faculté affaiblie. De chez moi, on entendait très bien les cris des gars saouls et les cris hystériques des femmes pompettes. Puis, lors de congés fériés, il y avait les fameux feux d'artifices qui éclataient bruyamment dans le ciel nocturne. Le bruit de ces bombes était ahurissant. Même les Plongeons huards, qui tentaient de dormir dans l'entrée du fjord, lançaient leur cris d'alerte en pleine nuit à cause de tout ce brou-ha-ha! Pour ma survie auditive, ma survie émotionnelle et pour pouvoir poursuivre mon inventaire, j'ai dû mettre des coquilles sur mes oreilles. Imaginez un instant la scène. Pendant que ça hurlait dans le village avec du bruit effarant, je recensais les papillons en portant des grosses coquilles jaunes. J'avais l'air d'un pilote d'hélicoptère. Heureusement, personne ne me voyait!

Mes datas sur iNaturalist

Sur ce site, j'ai au minimum deux observations pour la majorité des espèces. J'ai pris soin d'indiquer dans la boîte de description s'il s'agit d'une première date d'observation ou d'une dernière date d'observation. Il peut également s'agir d'une observation unique pour la saison. Le tout est indiqué. Ces précisions sont présentes afin d'apporter aux chercheurs des données supplémentaires à leurs recherches si cela leur est utile. De plus, j'ai ajouté lorsque nécessaire des photos supplémentaires pour illustrer des variabilités de couleur ou des formes de couleurs spécifiques pour certaines espèces. C'est sur iNaturalist que mon héritage scientifique restera pour la postérité.

Afin de visionner quelques photographies de mon site d'observation, je vous invite à cliquer sur le lien suivant : https://photos.app.goo.gl/jo7jxpgvtvqhckMa8

Vous pourrez lire des commentaires sur chacune des photos.

Posted on September 27, 2019 23:10 by claudette-cormier claudette-cormier | 0 comments | Leave a comment

August 27, 2019

Printemps 2012, début de l'inventaire

Janvier. Soupir.
Février. Soupir
Mars. Autre soupir.

En mars, malgré mes rondes aux fenêtres le soir, aucun papillon n'a été détecté près de l'ampoule de la galerie. Je dois me contenter de l'ampoule car pour le moment, je ne peux pas installer un drap dans la cour. La neige est trop abondante encore et la terre est gelée. Pays nordique oblige. Ce que l'hiver peut être long ici...

Avril. L'espoir renaît.

Rien pendant la première semaine. Aucune écaille à l'horizon. Cependant, l'espoir se fait sentir durant la deuxième semaine. En effet, il y a un réchauffement sérieux des températures le jour (6 à 10 degrés C) et également durant la nuit (3 ou 4 degrés C). Enfin, nous sommes au-dessus du point de congélation. La neige font vite maintenant. Est-ce qu'on peut dire que c'était diablement le temps? C'est que j'ai un inventaire de papillons à faire moi!

Le grand jour est arrivé! Le 9 avril 2012, on (Germain et moi) installe le drap dans la cour. La terre dégèle un peu en surface ce qui permet de planter un piquet afin d'étirer le drap. Ce que je suis excitée! Calepin prêt. Caméra prête. La madame qui fait l'inventaire est prête aussi.

Le 9 avril au soir. Rien.
Le 10 avril au soir. Rien.
Le 11 avril au soir. Rien.
Le 12 avril au soir. Rien de rien. Pffffff! C'est quoi l'histoire? Où sont donc les papillons?

Le 13 avril au soir... il est 22h20. Ohhhhhh! Est-ce bel et bien un papillon que je vois-là, sur mon drap? Finalement, au cours de cette même soirée, le drap accueille un Xylena curvimacula, un Homoglaea hircina, un Lithophane innominata, un Eupsilia tristigmata, un Ufeus satyricus et un Cerastis salicarum! Eh bien! Tout ce beau monde est sorti d'un coup! C'est le bonheur! Voilà. Mon inventaire est officiellement commencé! Chaque soir, je m'empresse de faire une ronde afin de découvrir ce qu'il y a sur mon drap.

Le 21 avril. OH, NONNNNN! Une méchante grosse tempête de neige a ensevelie la région (Saguenay-Lac-Saint-Jean). Mon drap a l'air piteux dans ces conditions neigeuses. J'ai attendu des mois pour commencer mon inventaire. Ce n'est pas juste. Me voilà attristée de la situation.

Soupir.

Pour les abonnés de mon site sur iNaturalist, je vous invite à vous rendre au lien inscrit plus bas. Ce lien vous mènera à des photographies qui illustreront très bien mes propos. Près de chaque photographie, j'ai émis de petits commentaires. Des images valent vraiment mille mots!

https://photos.app.goo.gl/8JUrtkA5YE1nDx8z7

Posted on August 27, 2019 23:28 by claudette-cormier claudette-cormier | 0 comments | Leave a comment

August 14, 2019

Pendant l'hiver 2011- 2012 à Saint-Fulgence

Avec la folie papillonique que j'avais vécu durant l'été 2011, soit d'avoir exécuté mon premier inventaire de papillons de nuit, j'avais déjà hâte à l'année suivante. Dieu que j'ai trouvé l'hiver 2011-2012 long! Je me demandais à partir de quel mois je pourrais commencer à les recenser au printemps 2012. Ce sera mars ou avril? En attendant que l'hiver passe, j'avais énormément de travail d'identification à faire. Mes centaines de photos étaient classées par date. Il me restait à identifier tous les papillons et ensuite les classer dans ma banque. J'étais au début d'un très long apprentissage mais ô combien intéressant! La fibre naturaliste en moi s'est réveillée encore plus! Des oiseaux, c'est bien... Mais des papillons, c'est mieux!

Heureusement que Louis Handfield était présent dans ma vie! Je n'aurais pas évolué aussi rapidement s'il n'avait pas été là. Chez moi, je tentais d'identifier moi-même les macro-papillons via son Guide des papillons du Québec ainsi que par le biais de Moth Photography Group sur Internet. À toutes les semaines, j'envoyais à mon mentor des séries de photographies par courriels où il confirmait ou infirmait mes identifications. Il a été d'une patience d'ange avec moi car ce n'est pas de tout repos pour un expert de prendre sous son aile une débutante. Mais il a senti que j'étais sérieuse dans mon désir d'apprendre. C'était là le début d'une belle et longue collaboration et d'une très belle amitié qui durent encore à ce jour. Nous ne sommes jamais rencontrés physiquement, mais nous correspondons presqu'à chaque semaine.

Au fil de l'hiver, la passion des papillons m'enflammait royalement. En regardant les photographies, j'étais constamment émerveillée par la diversité et la beauté des papillons. Mais ce qu'ils sont beaux ces papillons de nuit avec leurs couleurs diverses, leurs formes variées, leurs vols de nuit lorsqu'ils arrivaient au drap et que dire de leurs petites personnalités! Oui... Revoir les photos des papillons de nuit pendant l'hiver ravivaient en moi des sensations incroyables devant la beauté inouïe de ces petits êtres ailés si fragiles. S'il y a un antidote contre la passion des papillons, ne me le dites pas!

Ce que j'ai vécu pendant l'été 2011 était de la joie pure, de la passion, une ouverture de conscience quant à la faune et à la beauté nocturne. En fait, j'ai trouvé que c'était le plus beau métier du monde! En 2011, une belle et grande porte s'est ouverte sur mon chemin. Il me restait à être patiente et attendre la fonte de la neige pour vivre une nouvelle aventure dans le monde nocturne. « Bon... On est rendue à quelle date là...? »

Posted on August 14, 2019 20:23 by claudette-cormier claudette-cormier | 0 comments | Leave a comment

August 07, 2019

Inventaire de papillons de 2011 à Saint-Fulgence

Depuis 1981, je suis ornithologue chevronnée. Je ne faisais que ça, observer les oiseaux. À partir de mon ancienne résidence à Saint-Fulgence, je pratiquais des inventaires d'oiseaux, jour et nuit (migration nocturne à partir des cris d'oiseaux). Puisque je demeurais le long d'un corridor migratoire majeur le long du fjord du Saguenay, j'étais consacrée à l'observation de la faune ailée avec une grande intensité. J'ai contribué à beaucoup de découvertes.

Tout cela pour vous mettre en contexte de qui je suis. Un jour, j'étais dans la maison lorsque j'ai aperçu par la fenêtre un papillon sombre atterrir violemment sur la galerie. Je me suis immédiatement rendue pour voir ce que c'était. Par toute vraisemblance, c'était un Amphion floridensis, un sphinx inconnu de moi. Dans les faits, il ne s'agissait que d'une deuxième mention dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La première mention avait été signalée tout juste une semaine avant la mienne par un ami ornithologue-entomologue.

Il y a toujours une espèce quelconque, un cadeau de bienvenue en quelque sorte, qui déclenche des passions. Dans mon cas, ce fut le Sphinx de Nessus qui a déclenché chez moi une grande curiosité de connaître davantage les papillons. Suite à cette découverte, j'ai inspecté à tous les jours les lilas qui étaient dans ma cour. De là, d'autres espèces de sphinx ont été observées. Et de là, j'ai installé un drap et une lumière de garage près de la galerie. C'était des installations très rudimentaires. Cependant, c'était suffisant pour me donner la « drive » de recenser les papillons nocturnes. À mon adolescence, j'avais déjà fait une collection de papillons diurnes et de quelques nocturnes. Mais mon expérience n'a pas duré longtemps. Mais là, j'étais prête pour du long terme.

C'est à partir du début juin 2011 que j'ai commencé à recenser les papillons diurnes et nocturnes. Ma caméra n'était pas de très bonne qualité, mais quand même, j'ai fait mon possible avec les moyens du bord. Il faut savoir que c'était le début de l'air numérique et que la qualité des caméras a vite évolué dans le temps.

Il faut me connaître pour savoir que je suis une femme d'inventaire. Mon point fort est de faire des inventaires d'oiseaux et de papillons sur place. Et je m'y consacre entièrement lorsque je suis engagée. J'ai le temps de faire cela car je n'ai pas d'enfants et une vie sociale très limitée. Et comme je ne suis pas sur le marché du travail, mon loisir est devenu mon travail, un travail scientifique fait avec rigueur.

Puisque je ne connaissais pas beaucoup les espèces de papillons nocturnes de ma région et du Québec, j'ai acheté le guide Handfield. Ensuite, j'ai eu le privilège d'avoir pu correspondre avec Louis Handfield pour fins d'identification des macro-papillons. C'est grâce à lui et à sa patience que j'ai pu évoluer dans ce domaine. Mais j'ai mis des bouchées doubles pour apprendre. Je suis toujours en apprentissage. Il faut donc comprendre que durant la première année d'inventaire, je photographiais un peu de tout sur mon drap la nuit et dans ma cour le jour. Les observations sont purement photographiques. Je n'ai pas de collections ni fait de récoltes. Les photographies des différentes espèces ne reflètent que la présence donnée au cours de l'été, sans plus.

Posted on August 07, 2019 22:59 by claudette-cormier claudette-cormier | 2 comments | Leave a comment

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